nov 06 2007

Départ pour le sommet

Published by Arian at 11:01 under Aconcagua 2007

Le 2-01-2007 : Journée du sommet : départ prévu vers 3h du matin. Je n´arrive pas a dormir, donc vers 1h30, je commence a me préparer et je pars a 2h30. Il fait -15 degres dans ma tente, le vent souffle gentillement, la lune est pleine, le ciel étoilé : c´est magnifique pour partir pour le sommet. Je bois du chocolat chaud, je mange une barre de céréales, je m´habille bien chaud, j´enfille mes chaussures, mes gants en duvet, mon sac, mes batons…et c´est parti !
La nuit glaciale est silencieuse, je n´entends que le bruit de mes pas crispés sur la neige, mes batons et leur bruit métallique et le bruit de ma respiration dans l´oxygene raréfié. C´est assez magique comme moment, tout seul dans la nuit étoilée. A plusieurs reprises, je leve les yeux pour admirer les étoiles et la lune brillante. Ma progression est normale, mais j´ai les jambes lourdes, c´est assez curieux ! Une heure plus tard, je m´arrete au camp berlin (5900m) pour m´hydrater et 5 minutes plus tard, je repars ! Mes jambes sont toujours lourdes…. je me dis que c´est mental comme sensation car j´ai déja parcouru ce chemin il y a une semaine et j´ai tout simplement l´impression qu´il est long et que je n´avance pas ! Pas assez d´oxygene dans mon cerveau je pense… Bref, assez laborieusement, j´arrive au camp Independencia (6400m), la nuit est toujours profonde et le vent s´est levé : un vent qui me gele le visage et gele la condensation de ma respiration sur mon foulard ( foulard que je porte pour éviter de respirer de l´air froid et ainsi aggraver mon angine). Je me retrouve avec un foulard couvert de cristaux de glace…c´est une sensation assez bizarre ! En plus, il ne tient pas bien sur mon visage, donc je dois enlever mes gants pour le remettre, ce qui me gele les mains en 2 minutes. Au dessus d´independencia, apres avoir passé une corniche de neige, je « déboule » dans le « grand Acareo », une traversée d´1h30 tres longue et surtout tres exposée aux vents ! Ca ne manque pas, au moment ou je passe la corniche, je me prends littéralement une claque de vent glaciale a 50km-h. Aussitot je me dis « ohhh le bonheur ».
Petite parenthese, je reviens en arriere de 30 minutes : arrivé a Independencia, je pensais progresser laborieusement, mais lorsque je regarde ma montre, elle indique 5h23. 3h pour arriver a independencia, au lieu de 3h45 l´année derniere, c´est tres motivant !
Retour dans la traversée : pour me protéger du vent froid qui m´arrive de droite, je tourne légerement la tete vers la gauche et je marche en crabe : plutot amusant comme situation a 6500m, non ?
Sur le moment, je n´étais pas le plus heureux des grimpeurs…. ah ah ah ah ! Il est 6h30, je suis bien avancé dans la traversée, et le soleil se leve ! je ne vois pas le soleil, il est caché derriere l´Aconcagua, cependant les couleurs bleus, violettes, et orangées se dévoilent sur l´horizon derriere moi, le spectacle est merveilleux. J´ai hyper froid, mais c´est beau, beau, BEAU !!!!!!!!
Malgré ma technique crabe, le vent me fait pleurer, et les larmes gelent sur mes cils… De temps en temps, je dois décoller mes cils du haut et du bas ! La traversée se fait rapidement, et me voila au pied de la canaletta, petit couloir de 200m de denivelé, assez raide (35 degrés), c´est un pierrier avec ici et la de grosses pierres. Autant vous dire que ca glisse, c´est instable et c´est un labyrinthe de pierres. L´année derniere, ce couloir etait plein de neige. Cette année, il y a de la glace vive de temps en temps ! Allez, je me lance, et 10 pas et je m´arrete, et 10 pas et je m´arrete…et un pas…ahhhh mince, je viens de reculer de 3 ! La barbe ! le soleil n´est pas encore passé au dessus de l´Aconcagua, ce qui fait que je suis toujours dans l´ombre et le froid persiste, mais je progresse bien…une petite chute de temps en temps et je continue. Je suis toujours tout seul, je regarde loin en arriere (environ 3h d´ascension), et personne !!! Ce 2 janvier, je suis tout seul a partir pour le sommet, ou alors il est encore trop tot (8h) pour etre aussi haut !
Je commence a voir le sommet, en haut a gauche, il est encore loin, mais je m´approche avec mes petits pas « de crabe ». Un petit sentiment nostalgique se developpe en moi…30 minutes plus tard, me voila sur l´arete sommitale, je me retourne et devant moi, apparait le haut de la face sud…magnifique et majestueuse ! Je continue ma progression sur un terrain que je n´aime pas du tout : glace et rochers instables avec une belle pente quasi verticale a ma gauche ! restons concentré ! Un pas, deux, trois et voila devant moi la croix sommitale de l´Aconcagua. Je n´en reviens pas…apres une annee de travail, une bronchite, une angine et des antibiotiques en altitude, je suis parvenu a atteindre le sommet pour passer mon message ! Je suis heureux, mais je pleure ! Tout seul a 6962m, je pleure de joie ! Tout va bien, l´aconcagua m´a encore une fois accepté en son sommet et me donne la possibilite de passer mon message de cet endroit mythique. Merci Aconcagua !
L´année derniere, j´avais fait l´erreur de rester 3h au sommet et meme de m´endormir ! cette fois-ci, je reste concentré, je prends des photos, je fais des images video, je ramasse les quelques déchets autour de la croix, et 45 minutes plus tard me voila dans la descente ! Je n´aime pas les descentes, elles sont dangereuses, donc je redouble de vigilance… a 3 reprises, je glisse et atteri sur mes fesses et sur le sac a dos, mon coude gauche prend un coup un peu violent. Fais attention Arian !!! 35 minutes plus tard, je suis au pied de la canaletta, au loin j´apercois une expédition qui grimpe. Voici les premiers grimpeurs que je vois, il est presque 11h ! Tous ces grimpeurs n´ont pas l´air en forme, certains grimpent meme de facon instable et peu sure… Petits encouragements de ma part, et je continue ma descente vers le camp Independencia (6400m) ou j´avais repéré des déchets. Bonne surprise, les déchets sont toujours la, je sors mon sac de nettoyage, j´enfile mon gant de cuisine, et je nettoie cette cabane abandonnée ! 30 minutes plus tard, et 15 kg de plus sur le dos, je continue ma descente. Le sac devient lourd sur mes épaules, et mes jambes commencent vraiment a fatiguer…vous me direz c´est normal apres 1600m d´ascension au dessus de 6000m, et une redescente avec 15kg de dechets. Les derniers metres vers ma tente sont longs et difficiles. Il est 13h15, je viens d´arriver a ma tente apres une énorme matinée de 11h ! Je laisse tomber mon sac par terre, et je m´assis en regardant le sommet d´ou je viens. J´avais une acclimatation excellente, ce qui m´a permis d´atteindre le sommet en 6h30 a partir du camp 1, 5300m. Je suis tres content, cependant ma toue est revenue et elle me gene ! J´espere que ca va aller !
10 minutes plus tard, j´enleve mes bottes d´altitude, ma veste, mon bonnet, mes polaires, mes deux pantalons, les chaussettes, le colant… je me retrouve en calecon et t-shirt, je bois un litre et demi d´eau, et je me faufille dans mon sac de couchage pour me reposer… je dormirai deux petites heures ! Vers 16h, les « guardaparque » viennent me voir, me félicite pour le sommet, et me disent que l´hélico de ce matin est venu chercher les dechets pour les redescendre ! cést une excellente nouvelle ! En fait, l´hélico deposait des vivre et du materiel, et donc en redescendant a pris des dechets !
Ce matin dans la canaletta, 1200 m plus haut, j´avais entendu l´hélico et en me retournant, je le voyais au camp 1 ( une petite soucoupe volante pleine de lumieres), mais je pensais que c´était pour une évacuation… évacuation de déchets au final !
Bref, cette journée du 2 février est EXCELLENTE !!!!
La fin de journée se déroule tranquillement a papoter avec des amis tres intéressés par le sommet puisqu´ils le tenteront dans 2 jours !
Le soir venu, je me faufille dans mon sac de couchage, je n´émergerai que 10h plus tard !0056_000180_1_2.jpg

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