juin 28 2010
Rotation Camp1 effectuée
Bien le bonjour du camp de base ![]()
Me voici de retour au camp de base après avoir effectué une rotation d’acclimatation au camp1 à 5900m.
Voici un petit récapitulatif de cette sortie:
Jeudi matin à 3h, mon réveil sonne. Il fait frais (-4 degrés) et tout noir. Je n’ai aucune envie de sortir de mon sac de couchage bien chaud. Les départs de nuit sont toujours aussi difficiles… mais il faut bien partir tôt pour traverser le glacier et eviter que le soleil et la chaleur n’affaiblissent les ponts de neige des crevasses.
Vers 3h20, je me dirige vers la tente “salle à manger” où je retrouve mes compagnons pour boire du thé et prendre un petit dej. Je n’ai pas très faim, je me force quand même à boire du thé pour m’hydrater et me réchauffer. Au fait, en expédition, nous avons un cuisinier et 2 assistants cuisiniers au camp de base (CB); ça nous permet de nous reposer à 100% lorsque nous y sommes. Ils sont tip top moumoute! Ma tasse de thé terminée, j’enfile mon harnais, mes crampons, mon sac et j’allume ma lampe frontale. Il est 4h, nous partons pour le camp1 qui se situe à 5900m.
Au bout d’une heure, nous voici au milieu de seracs (blocs de glace) grands comme des maisons, voire, certains, comme des immeubles de 3 étages. Je ne m’attarde pas dans cette zone malgré que je veuille filmer pour vous montrer cet univers. Les seracs peuvent s’effondrer à n’importe quel moment…
30 minutes plus tard, me voici dans la zone très crevassée du glacier. C’est peu rassurant, malgré que nous soyons encordés. Il y a une crevasse qui est effrayante: je ne vois pas le fond, les parois bleu cristal sont lisses comme une patinoire et très peu accueillantes, et lorsque je jette une boule de neige, je n’entends pas l’impact de la chute. Je l’enjambe en restant très concentré.
Cela fait 3h que nous marchons dans cet univers de glace. Phil et Wally (mes 2 compagnons de cordée) admirent et profitent de la magie de cet environnement. Sur notre chemin, nous plantons des baguettes en bambou, longues de 1 mètre avec un petit fanion orange à son extrémité, pour marquer le chemin en cas de mauvais temps.
Au bout de 4h, je commence à avoir les jambes lourdes, l’altitude se fait sentir, j’ai un leger mal de tête, et je n’ai qu’une envie: arriver au camp.
Il fait assez frais toujours, les nuages couvrent le ciel, et les crevasses nous entourent. Mais tout va bien, le camp est en vue. Il nous aura fallu 4h30 pour atteindre le camp1. Nous sommes ravis d’être là.
Il est 8h30. Je commence tout de suite à faire fondre la neige pour nous hydrater. La matinée se passera à faire fondre de la neige, papoter avec Wally ( mon compagnon de tente), manger quelques bonbons et papoter entres les tentes. C’est assez unique comme situation: nous sommes tous dans nos tentes respectives (4 tentes), allongés sur nos matelas à regarder les coutures de la toile, et nous papotons. Petit à petit, vers 13h, les discussions sont remplacées par le silence. Tout le monde fait une sieste!
A 14h20, je me réveille de ma sieste. J’ai mal à la tête (dû à l’altitude) et la tente est un four. Le soleil est tellement fort ici avec la réverbération que la température dans la tente monte jusqu’à 40 degrés. Et dès que des nuages arrivent, la température chute à 5-10 degrés. On se met alors dans nos sacs de couchage, et quand le soleil réapparait, on ressort! ![]()
Vers 17h, j’allume le réchaud pour faire bouillir de l’eau et ainsi manger de la bonne nourriture leophylisée. A 18h, je me mets dans mon sac de couchage, le soleil disparait derrière les sommets environnants, la température chute en quelques minutes autour de 0, et ensuite en négatif. Je prends mon courage et ma motivation à 2 mains pour ressortir de mon sac de couchage et aller aux toilettes. Il neige légèrement et il fait froid. Il n y a rien de pire que devoir aller aux toilettes pendant la nuit quand il fait -10 degrés! Donc vaut mieux faire un dernier effort pour être tranquille… ![]()
Le lendemain matin à 5h, je chausse mes crampons, je récupère mon piolet, j’attache la corde à mon harnais, et je redescends vers le camp de base. Il fait froid et la main en contact avec le métal du piolet me picotte vivement. Il a neigé 20cm dans la nuit; ça crépite sous mes crampons. 2h30 plus tard, me voilà de retour au camp de base, le petit dej nous attend. Quel luxe! La première rotation d’acclimatation (s’habituer au manque d’oxygène) s’est très bien passée.
Je vais rester au CB 3 jours et ensuite je remonterai en altitude pour continuer mon acclimatation. Toutes les équipes sont arrivées au camp de base a présent, nous sommes environ 40 grimpeurs de diverses nationalités: Europe de l’Ouest et de l’Est, koréens, Amérique du Sud et Amérique du Nord. Je vais profiter de ces quelques jours au camp de base pour informer les équipes de la conduite à adopter concernant les déchets: on ne laisse pas de déchets derrière soi, et on ne jette rien dans les crevasses. J’en profite également pour prendre une douche, faire la lessive et me raser. Tout cela bien evidemment entouré de glaciers et de montagnes de 7000 et 8000m. La vie est belle!















