Archive for juillet, 2010

juil 28 2010

Patience au camp de base

Published by Arian under Pakistan 2010

21 juillet: 5h45 du mat. Phil est à l’extérieur de ma tente. “Arian, tu es
réveillé?”, “Arian, Arian, Arian”. J’ouvre la tente et Phil dit: “quelle
heure est-il? Ma montre ne fonctionne toujours pas!” Petit réveil rigolo…
:)
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Le camp de base est tout blanc, il neige en grande quantité et ce pendant 3
jours. Il faisait un froid de canard! On a donc trouvé de belles activités
pour passer le temps:
- déneiger nos tentes
- creuser des tranchées entres nos tentes
- faire un bonhomme de neige
- batailles de boules de neiges (toujours très rigolo comme activité)
- compétition de lancer de boules de neige sur les tentes des autres (Arshad
(le cuisinier) et moi sommes des membres très actifs de cette discipline)
- compétition de lancer de boules de neige sur une boite de conserve (mon
activité préférée)
- et bien évidemment, toutes ces activités sont récompensées par de bonnes
tasses de thé chaud pour réchauffer les mains gelées! :)

Le 24 juillet, a 6h25, le soleil est apparu et chauffait ma tente. Quelle
fantastique plaisir de voir le soleil et de sentir sa chaleur! Cette nuit, j’ai également eu l’immense plaisir d’admirer une nuit étoilée de pleine lune.
Quel spectacle! A 8h, des pancakes nous attendaient pour le petit dej…
Miam miam!!!
Les journées sont très tranquilles en ce moment. On papote, on boit du thé, on écoute de la musique, on fait des compétitions de lancer de pierres sur une boite de conserves, on regarde les montagnes environnantes…Bref, ce
sont de vraies vacances! Et je pense aussi beaucoup à mes projets du balayeur des cimes…
Le 27, nous avons reçu les prévisions météo qui confirmaient l’arrivée de
neige pour le 28.29.30 juillet. On espérait que ça nous passe à
côté…Dommage! Nous sommes donc bloqués au camp de base encore pendant quelques jours. J’espère que début août, la météo sera correcte pour remonter en altitude sur le Gasherbrum1 à 7100m et récupérer les bouteilles d’oxygène abandonnées l’année dernière.

Aujourd’hui, je suis allé me promener sur le glacier et nettoyer des déchets que j’avais repérés le jour d’avant. Je suis revenu avec 22kg de déchets et une bouteille d’oxygène!

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Notre planète mérite un effort!

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juil 27 2010

Sortie à 7 750 mètres

Published by Arian under Pakistan 2010

Un beau matin de juillet (le 16), après avoir passé une semaine au camp de base, nous avons reçu une prévision météo positive tant attendue: les
vents en altitude baissaient (35.50km/h), et il ferait grand beau pendant 4 jours. Enfin, nous pouvions faire une tentative en altitude.
Voici une partie de mon journal du 17 juillet:
“A 3h40, j’entends mon réveil. Je suis complètement dans les vapes, je m’habille doucement en me disant “avec une bonne nuit de sommeil, la
montée au camp2 sera plus agréable”. En effet, ce matin, nous partons pour le camp 2 à 6500m. C’est à dire environ 9h de grimpe.
À 4h j’enfile un petit bol de porridge qui passe plutôt mal… mais j’ai besoin d’énergie.
A 3h30, je rejoins le camp1. Je récupère quelques affaires et je
continue ma route vers le camp2. Il fait grand beau. C’est magnifique.
Je range mon bonnet, je sors ma casquette. La montée se passe très bien.
C’est un réel effort à plus de 6000m: je souffre mais j’adore!
Vers 14h40, j’arrive au camp 2, content de cette belle grimpe. Je passerai l’après-midi à m’hydrater, me reposer dans la tente tout en papotant avec Wally (mon compagnon de cordée et de tente).
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Le 18 juillet:
Etant parti à 6h30, j’atteins le camp3 à 7100m après 4h de grimpe bien
raide en plein soleil. Phil est devant moi, il me fait signe que nous
sommes arrivés. Woooowww, on a vraiment prit de l’altitude! C’est
incroyable ce que le glacier semble petit 2000m plus bas. Pendant la
montée, à plusieurs reprises, je me retournais pour admirer le paysage.
Il est bientôt midi, le ciel est bleu et le soleil brille. Je m’active à
faire fondre de la neige et je mange quelques bonbons. Nous ferons une
tentative pour le sommet en partant à minuit. Je profite de l’après-midi
pour me reposer. Je n y arrive pas vraiment, je pense trop a ce soir…
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Le 19juillet:
Quand nos réveils sonnent vers 23h15, on se pose tous la question: mais pourquoi vient-on souffrir dans le froid et en altitude? Discrètement,
je me dis: parce que notre planète mérite un effort! :)
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A minuit, je finis de serrer mes crampons, je vérifie mon harnais, j’ajuste ma lampe frontale, et je commence à grimper dans la nuit profonde. La nuit est silencieuse, seul le bruit des crampons dans la neige brise la nuit glaciale. L’effort est intense et magnifique. Mon souffle est régulier et la vapeur d’eau de ma respiration gèle instantanément sur ma doudoune.

Après 4h de grimpe au milieu de neige et rochers, j’atteins l’emplacement du camp4 à 7400m. C’est un endroit chaotique avec des dizaines de tentes déchirées, gelées dans la neige et la glace. C’est triste comme vision. J’ai sous estimé l’effort nécessaire pour nettoyer cet endroit. Je regarde le lieu avec impuissance et regret. Il faudra au moins une dizaine de personnes pour ce projet…Futur projet?
Je continue mon chemin vers le sommet. Je suis à présent à 7700 sur une longue traversée de neige qui n’en finit pas. Phil et Wally sont 50m
devant moi. Sur la crête sommitale, le vent souffle fort et soulève la neige en tourbillons. C’est beau à voir, mais c’est mauvais signe. Phil et Wally s’arrêtent, se retournent, et me font signe d’allumer ma radio.
“Qu’est qu’il y a Phil?”. ” Le vent forcit, tu vois sur la crête?”.
“Oui, je vois ça.”. “On ne peut pas continuer, on risque des engelures
aux orteils et doigts”. “C’est vrai, bien jugé Phil. On descend alors?”.
“Oui. Désolé”.
On était à 3h du sommet, environ à 7750m. Le paysage était magnifique
(photo ci dessous), le soleil venait de passer au dessus de l’arête
sommitale et commençait à nous réchauffer. Il faisait un froid de
canard. Avec le vent, il faisait entre -35 et -40°C!
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Nous sommes redescendus au camp3. On s’est reposés quelques heures et
nous avons continué la descente jusqu’au camp1. Je suis arrivé au camp1
à 20h30, fatigue, mais content de cette belle journée de grimpe.
Le lendemain matin, je découvre que certaines équipes ont quitté les
lieux en laissant des déchets. Pendant une heure, je ramasse tout ça et
je charge mon sac. En arrivant au camp de base 3h plus tard, je vide mon
sac et pèse les déchets: 16kg.

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Notre planète méritait bien cet effort là!

Je suis à présent au camp de base sous la neige qui tombe depuis 2
jours. J’attends de pouvoir remonter en altitude pour nettoyer des
bouteilles d’oxygène et d’autres déchets sur le Gaherbrum1 à 7100m, et
peut-être faire une tentative pour le sommet à 8064m. Affaire à
suivre… :)

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juil 07 2010

Le luxe du Camp de Base

Published by Arian under Pakistan 2010

Le lendemain de notre descente du camp2 à 6h50, j’ouvrais les yeux. Le
soleil chauffait ma tente. C’était agréable. Le ciel était bleu, il y
avait du vent en altitude sur le sommet du G1. A 8h, on était tous dans
la tente “salle à manger/ salon” pour prendre le petit dej. Comme à l’
habitude, les conversations fusaient dans tous les sens, et les
rigolades remplaçaient le silence de la nuit. Tout allait bien! Notre
première journée de repos commençait…

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Nous sommes à présent à notre 6eme journée de repos. Nous attendons que
le beau temps revienne pour remonter en altitude. Ces 2 derniers jours,
il a neigé et il a fait froid.

Qu’est-ce que l’on fait au Camp de base pendant ces journées?
- Douche (on fait chauffer de l’eau que l’on verse dans un bac, et
on utilise une boite de conserve pour s’asperger)
- rasage (assis à l’extérieur en plein soleil, entouré de superbes
montagnes: que c’est beau!)
- Lessive (on sent bon le propre!!!!)
- Refaire la plateforme de la tente (je suis devenu un vrai maçon)
- séance cinéma (vers 15h, on se retrouve dans la “salle à manger”
pour un petit film sur ordinateur. Nous avons bien rigolé en regardant “Semi
pro” (film/comédie de Basket))
- bien evidemment, on boit du thé, on mange des biscuits, et l’équipe de cuisine nous concocte de bons petits plats.
- et enfin, la grande excitation du 5 juillet: “High Altitude Games”,
genre de jeux olympiques d’altitude. Voici ce que j’ai écrit dans mon
journal:
“Vers 9h, un engouement general pour des activités sportives nous a
conduit aux “high altitude games”. On a commencé par le lancer de bambou
(bambou de 3m de long), pour ensuite faire du lancer de poids avec un
gros caillou; on a continué avec le lancer de disque avec une bobine de
corde (8kg), ensuite exercice de puissance ( bras à l’horizontal, une
bobine sur chaque bras et il faut tenir le plus longtemps. J’ai tenu 58
secondes. Le record est 1′13″, autre exercice de puissance: lever de
jerrikane d’essence de l’armée, remplie d’eau (30kg), au dessus de la tête,
bras tendu (avec un seul bras), et enfin lever une pierre de 35kg au
dessus de la tête plusieurs fois. On a passé une bonne heure et demi à
ces jeux. C’était super sympa! On s’encourageait et on applaudissait:
une vraie equipe! Tout le monde était content et jouait le jeu. Serbaz (
l’assistant cuisinier, environ mon âge) a été le plus fort aux exercices
de puissance. Il y avait de l’excitation, de la joie, de la
détermination et surtout de la bonne humeur. C’était tip top moumoute!”

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Avec toutes ces activités et l’abondance de thé et de nourriture, le
camp de base est un hôtel de luxe!

Aujourd’hui (7 juillet), le soleil est de retour ce matin. La neige fond
lentement et je peux à nouveau admirer le panorama. On étudie la météo,
on discute de la stratégie à adopter, et on va bientôt remonter en
altitude. Affaire à suivre…
 
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P.S: C’est ma grande soeur qui met à jour mon site internet. Je n’ai pas
accès à mes e-mails. J’utilise l’ordi et le téléphone satellite de mon
voisin de tente pour envoyer des photos et du texte.
P.S.S: Pour ceux que ça intéresse, un envoi de 200 ko (photos et texte)
coûte 2 dollars!

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juil 03 2010

Désolé, problème satellite: flashback sur l’arrivée au Camp de base, en images

Published by Arian under Pakistan 2010

 Bonjour à vous tous,

le 13 juin vers midi, je suis monté dans une tres vieille jeep rose en direction d’Askole, village de depart du trek. le trajet dure environ 7h sur une route de terre en très mauvaise état. ca bouge dans tous les sens et c’est poussiereux, mais les paysages sont magnifiques: désertique avec des montagnes rocheuses dans tous les sens. De temps en temps, on passe dans un petit village avec des maisons en terre et quelques champs verdoyants bien irrigués. Les enfants nous regardent passer, et nous disent bonjour en nous saluant de la main. Je réponds avec un grand sourire et à mon tour je les salue de la main. Ils adorent! un grand sourire apparait sur leur visage. C’est génial.
La nuit commence a tomber, la route se rétrecit, se raidit, et je serre les fesses de peur de tomber dans le ravin; ça devient  une réelle aventure, surtout lorsque le conducteur veut arriver vite et donc accélerer le rythme. Le conducteur semble à l’aise. Je ne peux que lui faire confiance, donc je sors la tête par la fenêtre et je profite de cette aventure. Tout va bien, nous arrivons à bon port: Askole. Ce soir, je dors en tente. L’odeur du sac de couchage, l’ambiance de la tente et le fait d’être dehors me font sourire. Je suis ravi d’être là.
Le lendemain matin vers 6h, on organise les sacs pour les porteurs, et vers 8h, nous commençons le trek. Il fait frais, le ciel est couvert, les montagnes sont cachées par les nuages, mais je sourris et je suis tout excité. Je suis comme un enfant devant un cadeau de noël. Une caravane de 110 porteurs s’étend devant moi. plus tard,  dans un nuage de poussière, je traverse un troupeau d’une 50aine de chèvres. Et  enfin, à chaque fois que je double un porteur, il me dit: “salam Malekum, how are you?”.  Et je réponds: “Malekum sala. Fine thanks. And you?” Le porteur me regarde en souriant et je continue mon chemin.
4h plus tard, j’arrive souriant, excité et heureux au camp “Jhula”. L’apres midi se passe à boire du thé, rigoler avec le reste de l’equipe et admirer les sommets environnants (toujours cachés par les nuages). Tout va bien. 
Le lendemain, départ à 6h pour Paju. Les nuages sont toujours là, mais le moral et l’ambiance sont tip top moumoute. 5h de marche, et me voilà au camp, assis sous un arbre (les derniers arbres avant d’être sur le glacier), à admirer le fleuve et les montagnes. Le paysage est toujours aussi désertique.
Les jours suivants, on commence à marcher vers 4h du matin car il y a beaucoup de neige et nous voulons eviter de nous enfoncer a chaque pas dans la neige ramolie par le soleil. Les porteurs aussi sont ravis de commencer aussi tôt. Les nuages ont disparus, ainsi que les arbres et les fleurs, nous sommes sur le glacier du Baltoro (glacier long de 60km) les montagnes se dévoilent, c’est magnifique: sommets couverts de glaciers suspendus, pointes rocheuses abruptes et ciel bleu. 
Il fait -10 degrés le matin quand nous commençons à marcher, ensuite vers 8h, avec le soleil et la réverbération, j’ai l’impression d’être dans un four à 200 degrés. La neige se ramolie à vitesse grand V, j’accélère le pas pour arriver au camp vers 9h ou 10h du matin.
Le 20 juin, j’arrive au camp de base à 5000m. J’ai légèrement mal à la tête dû à l’altitude, mais je suis heureux d’être là. Je reconnais les sommets environnants que j’ai tellement admiré l’été dernier pendant les 2 mois où j’étais là! Rien n’a changé, sauf qu’il  y a beaucoup de neige. C’est tout blanc. J’installe ma tente, je récupère mes 2 sacs, et je range mes affaires dans ma petite maison pour les 2 prochains mois…
Je suis très content d’être là. ça va être une super expédition. Je vais ramener de belles images pour vous faire partager cette aventure. L’ambiance avec l’équipe est joyeuse. On en pleure tellement on rigole! :)
Le 24 vers 4h du matin, je vais partir pour le camp1 à 5900m. La phase d’acclimatation commence. J’ai hâte de chausser mes grosses chaussures et mes crampons, enfiler mon harnais, allumer la lampe frontale et commencer à grimper. J’ai moins hâte de me retrouver au milieu des crevasses et des seracs, mais je serai encordé, et tout se passera bien.
En attendant, les prochaines nouvelles, portez vous bien, et prenez bien soin de notre belle planète.
Notre planète mérite un effort.

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juil 03 2010

Camp 2 établi

Published by Arian under Pakistan 2010

27 juin, Camp de base: Vers minuit, j’étais à nouveau éveillé; je regardais le plafond de la tente. La luminosité à l’extérieur m’intriguait. J’ai ouvert la tente pour avoir l’immense plaisir d’admirer une nuit de pleine lune. Tous les sommets environnants étaient visibles, c’était superbe! L’air était froid cristalin, il n’y avait pas de vent, la nuit était silencieuse. Quel spectacle! Vers 6h, le jour s’est levé. J’ai attendu que le soleil chauffe ma tente (6h25) pour sortir de mon sac de couchage et j’ai continué à admirer le paysage.

28 juin, camp de base, 3h45 du matin: il fait froid, la nuit est belle, je m’habille pour partir vers le camp 1. Quitter la chaleur du sac de couchage est toujours aussi “oh non pas maintenant, encore quelques minutes”! :)
A 4h20, je chausse mes crampons, et je m’engage sur le glacier. La neige croustille, mon souffle est régulier, les crevasses sont silencieuses et les seracs immobiles. Tout va bien!
4h plus tard, j’arrive au camp1 en pleine forme. Quelques minutes plus tard, Phil (chef d’expédition) et moi reprenons la marche vers le camp2 pour marquer le chemin sur le glacier avec des bambous. Au pied de la face, on étudie rapidement la voie d’ascension vers le camp2. Elle est complètement différente de l’année dernière.
1h30 plus tard, on est de retour au camp1, contents de notre effort. Les bambous nous seront certainement très utiles…J’ai passé le reste de la journée dans la tente allongé à me reposer, écouter de la musique (surtout les groupes “3 doors down” et “30 seconds to Mars”), papoter avec les autres, faire fondre de la neige, et enfin manger quelques bonbons! :)

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29 juin: Wally (mon compagnon de tente) et moi n’avons pas entendu le réveil ce matin. Au lieu de 4h, on a ouvert les yeux à 4h21. Il fait très froid ce matin à 5950m. Faire bouillir de l’eau, s’habiller, et faire son sac étaient fort désagréables par ce froid extrême. Tant bien que mal, je me suis preparé. La nouvelle voie vers le camp2 est plus raide, plus exposée aux chutes de pierre et de glace, mais plus directe.

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La montée se passe “nikel chrome” (3h45), je me sens tip top moumoute. Ce n’est pas le cas de certains de mes autres compagnons qui arrivent au camp2 à 6500m en piteuse état. Je les accueille avec une accolade amicale, du thé chaud et les tentes montées.
L’altitude se fait sentir…Ce matin à 4h, le froid ne nous donnait pas envie de faire l’effort pour un petit dej. Wally et moi avons juste mangé quelques biscuits. A présent, à 6500m, à 11h50, bien installé au camp2, le petit dej lyophilisé est tout a fait apprecié!
30 juin, camp2, journée d’acclimatation: J’ai ouvert les yeux à 5h du matin, il neigeait et le vent soufflait fort. Pas besoin de sortir du sac de couchage pour grimper, mais pour aller faire pipi! Oulalalalalala la sortie est express tellement la température est glaciale. Wally et moi rigolons de la situation une fois de retour dans la tente! :) Le vent décupla dans la journée. La tente tremblait dans tous les sens. On se mettait dos contre les parois pour soutenir les piquets pour eviter qu’ils ne cèdent. On ne peut plus parler entre nos tentes, le vent est trop bruyant et il neige fortement! Le retour demain risque d’être dangereux…

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1 juilllet, descente du camp2 au camp de base: à 5h du matin, la condensation gelée sur les parois de la tente nous tombait dessus comme de la pluie à chacun de nos mouvements pour nous habiller. Le vent soufflait toujours, et la neige continuait de tomber. Silencieux, je me dis ” Purée, la descente va etre Rock&Roll”!
Après 10 minutes de descente dans une neige profonde, premier obstacle: une corniche fine comme une lame de razoir avec de chaque côté 500m de vide! Phil s’est avancé et a dit: “this is fucked up”. En gros, pardon pour les gros mots, voila ce que ca signifiait” Putain, c’est quoi cette corniche de fou. Pas moyen que j’y aille”! C’était le seul passage possible, je me suis donc porté volontaire. Phil a sorti une corde pour m’assurer et hop, je m’engageais sur cette magnifique corniche. Premier pas, je déclenche une avalanche. Ca commence bien! Je progresse doucement mais sûrement. A mi-chemin, la corniche devient trop dangereuse, la neige est tellement fine que je n’arrive pas à trouver de support solide pour mes pieds, je decide donc de prendre exemple sur ma petite soeur qui fait de l’équitation: je m’assis à cheval sur la corniche et je progresse ainsi. Le passage de cette corniche longue de 25m me prendra 20 minutes. La trace est faite, les autres suivent. Me voilà à présent au niveau des cordes fixes (cordes que l’on installe avec des pieux à neige pour sécuriser l’ascension et surtout la descente) qui sont recouvertes de neige. A chaque ancre, je dois creuser pour trouver la corde et tirer dessus pour la sortir progressivement et ainsi pouvoir descendre en rappel. Au pied de la face, nos précieux bambous nous indiquent le chemin. Le brouillard, le vent, la neige et la lenteur de la progression rendent la descente intense et palpitante. Il nous faudra 4h pour rejoindre le camp1 au lieu de 1h30. Quelle descente! Et ce n’est pas fini, il nous reste encore la descente jusqu’au camp de base: 8km avec 900m de denivelé au milieu de crevasses et seracs. Le vent était glaciale, la visibilité était minime, la fatigue se faisait sentir, et je recommençais à tousser jusqu’à me plier en deux. “Purée de cacahuète, c’est pas tip top moumoute”. Vers 13h40, j’arrivais au camp de base dans un état assez misérable. Je me suis empressé de me changer pour mettre des affaires sêches et chaudes, et boire du thé chaud. Les autres arrivaient petit à petit dans un état similaire… Quelle descente de fou qui nous a pris 7 heures!
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Toute l’equipe était de retour au camp de base, le thé chaud coulait à volonté et réchauffait nos corps affaiblis. Petit à petit, le silence était remplacé par les rigolades, les blagues et les discussions. Tout allait bien, nous étions de retour dans le luxe du camp de base. Le camp2 était établi, nous pouvions nous reposer quelques jours…
PS: Je n’ai pas encore rejoint les camps d’altitude avec les déchets. Mon effort de nettoyage ne s’est limité qu’à quelques emballages de barres de céréales pour l’instant.
PSS: Etant donné que j’ai beaucoup de temps pour réflechir, je réflechis aux prochains projets du balayeur des cimes, à comment améliorer les interventions dans les écoles, à comment solliciter des sponsors, et bien evidemment à comment faire un effort pour préserver notre environnement.
Notre planète mérite un effort!

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