Archive for the 'Aconcagua 2007' Category

nov 06 2007

Nettoyage

Published by Arian under Aconcagua 2007

Le 21 : la nuit a été froide ( – 14 degres). Mon eau a gelé, la condensation dans la tente a gelé sur les parois, ce qui fait qu´a chaque rafale de vent, des petits cristaux de glace me tombaient dessus…plutot sympa comme nuit et a cela il faut rajouter les maux de tete a cause de l´altitude. Mais tout va bien, je me sens bien et les maux de tete s´apaisent petit a petit. Je dois boire beaucoup pour bien m´acclimater (5 litres par jour).
Ce matin, Rex est parti pour le sommet… j´attends son retour dans l´apres midi. Il vient d´arriver, tout va bien, il est heureux, son projet de gravir les 7 sommets plus haut de chaque continent vient de s´achever !
Ce soir, le couché de soleil est magnifique, les couleurs virent au rouge-orange. J´apercois meme un oiseau qui passent juste au dessus de moi. C´est magnifique !
La nuit sera longue, et je dormirai tres peu encore une fois, toujours ces cristaux de glace qui me tombent dessus des que le vent fait trembler la tente.

Le 22 : 8h30, je sors de mon duvet pour aller faire pipi. Il fait un froid glacial, aussitot finit, je retourne dans mon sac de couchage. Vers 10h, Rex émerge, on commence une petite discussion de tente a tente, c´est toujours aussi sympa !
En regardant le sommet, j´apercois un lenticulaire de vent, le temps n´est pas génial la-haut !
La matinée se passe paisiblement dans mon sac de couchage, a faire fondre la neige et a regarder Rex faire son sac et « plier camp ». Il ne veut pas partir, l´ambiance est tellement géniale…. meme si froide et ventée!
Deux nouveaux voisins viennent d´arriver : Martin (Hollandais) et Merrick (Australien), tres sympas tous les deux. Vers 14h20, Merrick et Martin et moi, décidons de partir nous acclimater vers 5900m, au camp 2 ou camp Berlin. La montée se fait tres bien en une heure, il fait froid mais le soleil brille. En chemin, nous decouvrons encore des graffitis… c´est pas croyable.
En arrivant a Berlin, c´est la tristesse et le dégout total, des sacs de déchets abandonnés et des déchets ici et la : piles, bouteilles plastiques, sac de thé, emballages de nourriture, sacs plastiques, contenaires en tout genre… et bien evidemment des toilettes sauvages ! Le tableau n´est pas beau. Merrick et Martin sont tres étonnés de ce qu´ils voient. Une heure plus tard, nous redescendons a nos tentes. En ce moment meme, je fais fondre de la neige, 3 litres en une heure et 20 minutes… pas mal, non ?
Demain, nous decidons de remonter a Berlin, moi je nettoie et mets en sac, et nous redescenderons un sac de déchets chacun ! Mon projet fait des adeptes, il faut juste montrer l´exemple !
Pour résumé la journée, je me sens bien physiquement et la motivation est la aussi ! Tout va bien !
Ce soir, une chienne « sauvage » est arrivée au camp1 (5300m). C´est incroyable qu´elle soit venue jusqu´ici en suivant des grimpeurs. Elle n´est pas grosse du tout, elle boite un peu, mais elle est la ! Il fait froid ce soir avec beaucoup de vent, donc je construis un abri de pierre pour la protéger du vent violent. Rex m´avait laissé de la viande que j´ai donné a cette pauvre chienne. Je me dis qu´elle aura plus de forces pour passer la nuit glaciale. J´ai pensé a elle toute la nuit. Ce matin, elle semblait aller bien, et ensuite elle a disparu…certainement redescendue !

Le 23 : le vent a soufflé toute la nuit par rafales plus fortes les unes que les autres. J´ai encore une fois dormi tres peu. J´ai émergé de mon sac de couchage vers 9h15. J´ai attendu que le soleil rechauffe ma tente pour commencer a sortir les bras de mon duvet. Quand on a le temps, autant en profiter…non ? Le vent souffle toujours, le sommet est toujours couvert d´un énorme lenticulaire de vent et de nuages.
Vers 12h, je pars pour Berlin (5900m) pour mon premier jour de nettoyage ! A certains endroits, c´est un petit amas de déchets ; a d´autres, juste quelques papiers et bouteilles plastiques. En un quart d´heure, mon premier sac est rempli. 20 minutes plus tard, le second, et 30 minutes plus tard le troisieme ! En un peu plus d´une heure, j´ai regroupé environ 60kg de déchets pour un volume de 300 litres ! Je n´ai pas pu prendre tous les déchets car certains étaient incrustés dans le neige et la glace. Quand je remonterai, je prendrai mon piolet ! Je pense devoir faire encore 3 nettoyages a Berlin. Honda (grimpeur japonais) était venu s´acclimater, et voyant ce que je faisais, il m´a aidé ! C´était sympa de sa part.
Quand tout a été terminé, Martin et Merrick sont arrivés, on a chargé les sacs et nous sommes redescendus ! Tout le monde était content de se rendre utile et de participer a nettoyer la montagne.
La fin d´apres midi s´est passée tranquillement au chaud dans le sac de couchage, dans lequel je suis en ce moment meme (19h36, – 6 degres). Le temps est couvert, il neige un peu, et le vent souffle de temps en temps !

0056_000176_1_2.jpg

No responses yet

nov 06 2007

En altitude…

Published by Arian under Aconcagua 2007

Le 24 : journée repos au camp1, Nido de condores. Au départ, je pensais nettoyer Nido, mais, toute la journée, le vent était trop violent et les températures étaient glaciales (– 12 dans la tente, dehors c´est pire).
Je n´ai émergé de mon sac de couchage que vers midi !
De ma tente, j´entendais le vent hurlé en altitude, et je voyais les nuages déffilés a une vitesse folle !
Bref, la journée a été calme ! Il faut dire que je n´avais pas dormi de la nuit a cause du vent et des cristaux de glace qui me tombaient sur le visage…
0056_000178_1_2.jpg
Le 25 : Encore une nuit avec peu de sommeil, mais pas de cristaux cette fois-ci. Je pense avoir trouvé la solution : laisser l´aération ouverte au niveau du plafond de la tente ! Il fait plus froid, mais pas de condensation !
13h10 : premiere journée de « chaleur » a 5300m, il fait 12 degres dans la tente, c´est tres agréable, le soleil brille, le vent est faible… Ca fait du bien de ne pas avoir froid et les mains gelées.
Je commence le nettoyage de Nido. C´est un vaste endroit ondulé de la taille de 4 terrains de football avec des pierres volcaniques parsemées ici et la. Je me ballade avec mon sac et ramasse des déchets ici et la, et de temps en temps, je m´arrete un peu plus longuement car les déchets sont cachés sous des pierres. Je remplis mon premier sac en 1h, le deuxieme une heure plus tard ! Et voila encore environ 35kg de déchets de nettoyer. Je rassemble tous les sacs a un endroit, l´hélico viendra les prendre quand le temps le permettra, et surtout lorsque j´aurai fini mon nettoyage !
Ce fut une bonne journée, tout le monde se disait « joyeux Noel ». C´était unique un Noel a 5300m !
Merrick pense partir pour le sommet demain, je partirai avec lui pour nettoyer le sommet et un endroit appelé « Independencia » a 6400m.

Le 26 : réveil…euh pas de réveil, je n´ai absolument pas fermé l´oeil de la nuit. J´ai regardé le plafond de ma tente, l´intérieur de mon sac de couchage, je regarde le thermometre (– 12)… bref, j´observe autour de moi !
Le départ est prévu pour 3h du matin. Comment le temps ne passe pas vite, je décide de cuisiner vers 1h du mat un hachis parmentier ! Vers 2h, je me remets a cuisiner, ou plutot a faire bouillir de l´eau que j´avais préparé la veille et que je tenais dans mon sac de couchage. Je veux partir avec de l´eau chaude pour qu´elle ne gele pas pendant la montée.
Maladroitement dans ma petite tente et avec un peu de mal chance, je renverse la casserole et le réchaud. Le réchaud s´enflamme avec des flammes de 30cm, inextremis, je le rattrape, souffle brusquement dessus pour limiter les flammes et ferme la valve d´arrivée de gaz. C´était juste ! Je me demande quel gout j´aurai eu CRAM? ????? Serieusement, ce n´est pas drole, mais c´etait juste !
Le précieus litre et demi d´eau inonde le bout de ma tente. Par de petits gestes, j´arrive a déverser un peu d´eau dehors, le reste gele en quelques minutes formant une tres belle flaque glissante dans ma tente ! Magnifique ! Ca commence bien !
Cette petite anecdote passée, je me mets au travail et fais fondre de la neige, j´aurai besoin d´eau pour la grimpe !
Vers 3h30, Merrick et moi partons dans la nuit glaciale a la lumiere de nos lampes frontales. Le vent souffle constamment, et nous glace le visage ! Je me sens bien physiquement, sauf une toue seche peu frequente (que j´ai depuis plusieurs jours). Une heure plus tard, nous sommes a Berlin (5900m). Tout va bien, on s´hydrate, et on repart. Plus on avance, et plus ma toue devient réguliere et intense… avec une nouveauté : des nausées (début de vomissements)… pas super comme sensation a 6000m.
6h du matin, a présent des que je prends de grandes respirations, je tousse serieusement et j´ai des nausées ! la situation empire. Pourtant je me sens fort physiquement, je grimpe bien et constant, mais je tousse, tousse et retousse. Vers 6500m, il y a une longue traversée tres exposée ou le vent souffle fort. Il faut environ 1h30 pour faire cette traversée. Au bout de 10 minutes, je m´arrete et réflechis tres sérieusement a ce que je fais. Le vent souffle fort, il est glacial, et ma toue est tres sérieuse maintenant avec des nausées tres sérieuses. Je reste toujours tres attentif a ce que me dit mon corps en altitude : c´est une regle d´or pour moi. Je suis seul maitre de mes actions, et responsable de mon corps ! Je n´ai pas le droit a l´erreur !
Merrick me propose de me reposer un peu, et ensuite de repartir ! je ne suis pas fatigué (malgré mes nuits blanches a répétition), je tousse comme jamais, et j´ai des nausées sérieuses. Vous savez ce que signifie ces signes (toue et nausées) : signe d´oedeme pulmonaire. C´est serieux, vraiment dangereux et mortel ! Je ne me sens pas a l´aise et en confiance maintenant. Je ne veux pas risquer ma vie pour ce projet, je décide de redescendre. Merrick continua jusqu´au sommet !
Pendant ma descente, je me sentais toujours fort physiquement, mais j´ai ecoute mon corps qui me disait de ne pas continuer. Au bout de 3 min de descente, je m´effrondre en pleure car je pense avoir un oedeme pulmonaire et que mon projet tombe a l´eau, je devrais etre évacué d´urgence en arrivant au camp de base. Tous mes efforts, mes joies, mes déceptions…bref tout tombe a l´eau. Je suis effondré, mes larmes gelent sur mon visage, mais je continue de pleurer, tout seul au milieu de ce paysage glaciale et lunaire. Pendant ce moment d´énorme tristesse, je reprends un peu d´optimisme en regardant le soleil qui se leve et le paysage qui s´offre a moi… C´est pour cela que je me bats, la beauté magistrale de la nature. Tout en arretant de pleurer, une énergie se développe en moi, et me dit que mon message est quand meme passé, et qu´en redescendant vivant, j´aurai d´autres occasions de faire passer le message !
Je me leve et commence la longue descente vers ma tente, 1000m de denivelé a 6000m d´altitude, autant vous dire que c´est extremement difficile. Des larmes recommencent a couler le long de mon visage… je poursuis ma descente, la toue est toujours aussi intense, les nausées empirent sérieusement maintenant. Toutes les 5 minutes, je me plis sur moi meme, jusqu´a avoir des crampes d´estomac…un peu comme des convulsions ! je ne vomis toujours pas, mais c´est tout comme ! 2 h plus tard, j´arrive a ma tente, plié en deux. La situation est vraiment critique ! Martin (hollandais) me donne a boire, et me dit de tout laisser en plan ici et de redescendre le plus rapidement ! Il veut venir avec moi ! Je lui dis « non » car physiquement je suis toujours assez fort pour redescendre au camp de base ! Je lui répete plusieurs fois que je peux descendre jusqu´au camp de base 1000m plus bas. J´ai dit non a Martin car lui était déja tres faible et devais se reposer ! Martin va chercher un guide de montagne, qui colla son oreille sur mon dos pour ecouter ma respiration et savoir si j´ai un oedeme pulmonaire. Il me demande de prendre une grande respiration, je tousse frénetiquement, avant de me plier sur moi meme avec des convulsions de vomissement… Il m´urge de redescendre en vitesse pour voir les médecins au camp de base ! Ni une ni deux, je reprends mes batons, et je descends en fleche au camp de base ! Physiquement, je commence a encaisser le coup, je m´arrete plus souvent. Ma respiration est toujours aussi courte pour eviter la toue et ensuite les nausées. Chaque respiration doit etre de l´ordre de celle d´un moineau ! 1h30 plus tard, vers 11h, me voila au camp de base chez les médecins, 2000m plus bas. Pendant toute ma descente, je n´ai enlevé aucune de mes couches de vetements, ici au camp de base, je transpire comme jamais… Le médecin m´osculte, écoute ma respiration, prend ma tension, et fait d´autres tests. Je tousse toujours aussi sec, il me demande de me forcer a boire…. Au final, il regarde le fond de ma gorge, regarde encore une fois, et en conclu que j´ai une angine carrabinée. L´air froid que je respirais en altitude a empirer ma bronchite. La situation se stabilise doucement…OUFFF !!! Ce n´est pas un oedeme pulmonaire, mais une enorme angine qui en altitude devient tres critique ! Le médecin me connaissant et connaissant mon projet m´offre des antibiotiques ! Et oui encore des antibiotiques et 4 jours au camp de base avec un tissu sur la bouche pour ne pas respirer de l´air froid ! Je ne serais pas évacuer du camp de base, ma situation peut s´améliorer avec du repos et des antibios ! je n´aurai jamais autant pris d´antibiotiques…mais encore une fois c´est un traitement de faveur pour que je puisse accomplir mon projet. Une autre personne aurait été renvoyée dans la vallée.
Voila un peu comment s´est passée ma journée d´hier. Je m´effondre dans ma tente, et dors 30 minutes. Je me réveille en sursaut car un gros probleme se présente a moi maintenant : je n´ai pas mon sac de couchage ! Mince, mince mince !! Il faut que je trouve quelqu´un qui monte a 5300m et qui redescend au camp de base ! Il est 12h30, ce genre de trajet se fait en partant tot le matin puisque cela demande en général 8h au total ! Bref, la journée n´est pas finie. Je demande un peu partout si personne ne remonte, réponse négative a chaque fois !
Il faut que je fasse quelque chose, je ne peux pas passer une nuit a 4300m sans sac de couchage… je décide de remonter chercher mon sac de couchage. Il me faut environ 4h pour aller a ma tente, et 1h30 pour redescendre… c´est jouable. Mais ma toue ne va pas aimer cela, mon angine encore moins… mais je me dis que je recupérerai dans les prochains jours. Je commence a grimper vers ma tente, au bout d´une heure, je tousse horriblement. Je ne peux pas continuer, je dois trouver une autre solution. Je redescends au camp de base. En arrivant a ma tente, j´entends deux personnes discuter, et l´une de dire « ok, je vais au camp Canada » (4900m, camp intermédiaire entre le camp de base et « Nido » ou se trouve ma tente ), c´est un porteur qui va ammener du matériel pour une expédition a ce camp intermédiaire. Je sors de ma tente et vais discuter avec ce porteur de mon « besoin ». Il est d´accord pour aller chercher mon sac de couchage… mais bien évidemment il faut payer ! Normalement cela coute 150 euro, mais comme il fait déja la moitié pour une autre expédition et que pour moi, c´est juste redescendre un sac de couchage de 2kg, il accepte la moitié ! Et voila, je paye 75 euro pour que ce porteur me ramene mon sac de couchage. Je lui explique ou se trouve ma tente, et le voila parti ! 7 heures plus tard, le voila avec mon sac de couchage !!!!

Le soir, je me suis couché au chaud dans mon sac de couchage au camp de base apres une énorme journée. Dans ma tente, je reprends confiance et détermination pour mon projet, les choses vont s´améliorer doucement..il faut juste etre patient au camp de base pendant 4 ou 5 jours et bien me couvrir et prendre soin de mon corps pour pouvoir continuer cette aventure… cette nuit la, je dormirai 10h !

Aujourd´hui, me voici a vous écrire ce message, le moral va mieux, la toue pas vraiment, mais je n´ai plus de nausées et le soleil brille au camp de base !
Les prochains jours se passeront au camp de base a me reposer, prendre mes antibiotiques, a réaliser des interviews sur le theme des déchets et tout simplement a me « requinquer » pour la suite du nettoyage de l´Aconcagua.

Aujourd´hui, je vais mieux, je me sens déterminé, et j´ai toujours l´appui des gens au camp de base, et je sais que j´ai toujours votre appui…donc tout va bien ! Le balayeur des cimes se porte plutot bien, meme avec une angine, vous salue et vous souhaite une tres belle journée sur notre belle planete.

0056_000177_1_2.jpg

Arian, le balayeur des cimes.

PS : je n´ai pas tous les accents sur ce clavier. Et veuillez excuser mes fautes de Francais.

No responses yet

nov 06 2007

Acclimatation

Published by Arian under Aconcagua 2007

Message du 19.12.2006

Aujourd´hui, le temps est magnifique. Le soleil brille, le ciel est bleu, une petite breeze me rafraichit, et je viens d´aller voir le médecin, qui me dit que « les chiffres » sont bons. De plus, je me sens en forme ce matin, je n´ai aucune douleur de tête, et je ne tousse pas… donc je pense pouvoir remonter demain a 5300m (camp 1) pour y dormir et m´y acclimater. Aujourd´hui est donc une journée repos au camp de base… apres 2 jours de grimpe.
0056_000173_1_2.jpg
Mais revenons deux jours en arriere :

Dimanche : je suis parti le matin pour m´acclimater sur le « cerro bonete », un sommet voisin du camp de base culminant a 5000m. Au bout de 2h de grimpe, le vent froid a commencé a souffler, et je n´arrivais pas a me protéger. Avec ma bronchite, ce n´etait pas idéal, ni tres bien venu. Je sentais le froid pénetrer mon torse, et je recommencais a tousser sec… tres désagreable et tres dangereux pour mon projet de nettoyage (bronchite qui s´aggrave signifie évacuation). J´ai donc décidé de redescendre vers le camp de base pour me mettre dans mon sac de couchage au chaud. Ce que j´ai fait !
L´apres midi, je me suis occupé de ma tente d´altitude, c´est a dire tout simplement renforcer les ancrages avec des cordes pour faire face aux vents d´altitudes, en accrochant la tente a des grosses pierres. Rex, un ami australien, m´a aidé dans cette tache. L´ambiance était tres relax et amicale. On (Rex et moi) décide le lendemain de monter ensemble au camp 1 (5300m), lui pour y dormir, moi pour faire un portage, c´est a dire ammener du matériel en altitude (nourriture, gaz, tente, sacs de nettoyage) et redescendre, et permettre a mon corps de s´acclimater en meme temps. Le soir, je prépara mon sac… 28kg. Cette nuit la, je ne dormis presque pas (3h).

Lundi : Réveil vers 7h pour me préparer (pull en polaire, coupe vent, veste gore tex, colant, pantalon coupe vent, chaussettes, bottes d´altitude, bonnet, lunettes, creme solaire… il ne faut rien oublier ! un petit oubli devient tres désagreable en altitude, surtout lorsque l´on part pour une journée de 10h ! ), boire une tasse de thé, enfiler le sac sur les epaules, et c´est parti… il est 8h36. Il fait froid, le vent souffle constamment, et par rafales de temps en temps qui nous obligent a nous arreter, nous courber en avant et combattre la rafale pendant quelques secondes… plusieurs fois, on se fait prendre par surprise, et nous manquons de nous faire éjecter ! Au bout de 2h, nous arrivons a 4900m, ou nous nous reposons, nous buvons et nous mangeons une barre énergetique. 10 minutes plus tard nous repartons dans le froid. Le sac commence sérieusement a peser sur les epaules.
Les rafales de vent glacial me gelent les mains. Je m´arrete pour enfiler mes gants en duvet… super la journée de portage ! Rex et moi, nous battons avec le vent de face, ce qui ralentit considerablement notre progression… mais nous en rigolons ! Et oui, nous en rigolons !!! Voici une des belles choses de l´alpinisme a plusieurs, c´est de rigoler des moments difficiles, et de la misere dans laquelle nous sommes… imaginez vous deux garcons de 23 ans, fatigués, un peu fou et aimant la vie, essayer de parler avec le visage completement gelé a 5000m d´altitude ! ca donne envie, n´est ce pas? Bref, nous rigolons de la situation… mais nous restons émerveillés de la beauté du lieu et de la chance que nous avons d´être ici.
L´ascension progresse lentement, et bientot le vent se calme un peu vers 5100m. Moi je recommence a tousser et a m´arreter plus souvent que Rex, qui s´éloigne petit a petit jusqu´a ne plus le voir. Bref, je ne suis pas en forme, les antibiotiques et ma bronchite m´ont certainement affaibli. Il me faudra 6h au total pour rejoindre le camp 1 (en janvier, il m´avait fallu 3h30 !!!).Il est 14h10, je suis completement déshydraté. Pour ne pas enlever mon sac de mes epaules, je n´ai pas bu depuis environ 3h. Bref, je rejoins Rex au camp 1 qui lui aussi a mal a la tête, et fait les choses lentement. Nous montons nos tentes dans le vent, on va chercher des pierres aux alentours pour y accrocher nos tentes… tout cela se fait lentement ! On n´a qu´une seule envie, c´est de s´éffondrer a l´interieur dans nos sacs de couchage.
Vers 15h30, ma tente est montée, mon matériel est a l´interieur… il est temps pour moi de redescendre. J´essage de manger une barre énergetique, ca ne passe pas. Je bois quelques gorgées d´eau glaciale, je salue Rex (qui reste en altitude), et je commence ma descente. En 2h, je suis redescendu au camp de base. Oui aussi peu de temps, car c´est de la pierraille poussiereuse qui permet de faire de grandes enjambées et des glissades.

En arrivant au camp de base, 4300m, je m´endors dans ma tente dans mon sac de couchage. Je me reveillerai 3h plus tard pour manger, et retourner dormir. Comme d´habitude, je ne dormirai pas entre 2h et 6h du matin…

Parlons un peu des déchets : aussi incroyable que cela puisse paraitre, vers 4800m sur des rochers, il y a une écriture ou tag ( « polen ») faite a la bombe aerosol. Incroyable ! Les « gardes parc » et les guides de l´Aconcagua sont outrés de cet afront et manque de respect pour la montagne. Vraisemblablement elle serait apparu en mars. Connaissant mon projet, ils m´ont même demandé ce que je pouvais faire pour nettoyer cela… a part gratter, on ne peut rien faire. C´est triste.
Le camp 1 contient plus de déchets plastiques qu´en janvier. Mais les gens ont quand même la bonne idée de les « cacher » ou placer sous des pierres pour qu´ils ne s´envolent pas ???? Il va falloir que je me ballade sur cette grande étendue (5 terrains de football) et aille regarder sous les tas de pierres si des déchets ne s´y trouvent pas.
Concernant le probleme des toilettes sauvages, c´est pas génial non plus. Rex et moi avons nettoyé notre emplacement de tente a l´aide d´une pelle… Encore une fois, les gens font leurs besoins et mettent une pierre dessus… ou meme laisse cela comme cela !
Je ne comprends toujours pas : en entrant dans le parc, tous les grimpeurs ou trekkers signent un contrat qui stipule de ne pas laisser de déchets derriere, et d´utiliser le sac plastique fourni pour les toilettes en altitude. Pour moi, c´est de l´hypocrisie, du mensonge et un enorme manque de respect pour la montagne et pour les autres grimpeurs… Il y a bien une amende de 100 dollars, mais il n´y a pas de « gardes parc » pour controler. C´est un cercle vicieux et surtout tres triste.
En gros, je vais avoir du travail… cependant une bonne nouvelle quand même : l´hélicoptere peut monter a 5300m, et les rangers m´ont dit que je pouvais leur demander de l´aide si besoin… ce que je vais faire ! Je n´aurai a redescendre les dechets que de 6000m a 5300m, faire un gros tas et demander a l´helico de tout emporter.

0056_000174_1_2.jpg

Voila pour les quelques nouvelles. Cést quand meme incroyable de pouvoir envoyer un email via satellite a cette altitude ci… d´accord je me ruine, mais cela vaut certainement le coup pour garder l´attention des eleves qui suivent le projet, et ainsi vehiculer le message.

Si je dors bien ce soir et me sens bien demain matin en me levant, je vais remonter au camp 1 pour essayer d´y dormir, et ensuite monter plus haut sur la montagne pour m´acclimater. Je redescendrai dans 6 jours environ. D´ici la portez vous bien, et prendez soin de l´environnement. Les petits gestes comptent… Gardez en tête que mes petits pas, me font gravir une montagne de presque 7000m. Quand je suis sur la montagne, c´est un pas apres l´autre, pour l´environnement, c´est pareil.

A dans 6 jours environ.
Arian, le balayeur des cimes.

One response so far

nov 06 2007

Arrivée au Camp de Base

Published by Arian under Aconcagua 2007

Message du 15.12.2006:
Bonjour,

je suis arrive au camp de base (4300m) hier en fin d’après midi après 9h de marche dans des conditions très difficiles. Mais revenons un peu en arrière: lundi, j’ai pris un bus de mendoza pour l’aconcagua. Le temps était magnifique, et le voyage sympathique. le lendemain, je suis parti pour conflucencia, 3300m, le premier camp dans la vallée d’approche. le lendemain, je suis parti voir la face sud de l’aconcagua, pour m’acclimater a 4200m. il faisait froid, le vent était violent, j’avais froid…mais tout va bien, je me sentais bien.
le lendemain matin, je suis parti pour le camp de base vers 9h du matin, le soleil brillait, mais le vent était froid et pleine figure: c’est pas génial dans ces conditions pendant 9h de marche. les 2 dernières heures furent horrible, je toussais comme jamais, je n’avançais plus, mon corps était exténué, et je m’arrêtais tous les 10 mètres: c’était vraiment douloureux. du jamais vu.
en arrivant au camp de base, je suis allé voir le docteur, et au bout de 15 minutes d’inspection: il me dit que j’ai une BRONCHITE. et oui mauvaise nouvelle. Le docteur était même surpris de me voir au camp de base, il m’a dit que mon corps devait être très résistant….
bref, je ressors de la cabane avec des antibiotiques et trois jours de repos au camp de base obligatoire. dans trois jours, je dois retourner le voir pour prendre une décision…. envoyez moi de la chaleur et de l’énergie s’il vous plait…
je me couvre bien, je bois du thé, et je me repose beaucoup. Ça va déjà mieux aujourd’hui, alors il faut que ça continue…
Le médecin ne m’a pas renvoyé dans la vallée parce qu’il croit en mon projet et veut me soutenir…normalement, j’aurai été évacué du camp de base. il ne m’aurait pas donne d’antibiotiques… bref, il faut que ça fonctionne.
Demain, samedi, je vais essayer de m’acclimater a 5000m, très doucement et calmement. après je commencerai a monter l’aconcagua pour y installer mon équipement et étudier la situation des déchets…
Mon projet est accueilli a bras ouvert ici, par tout le monde. Les gardes du parc n’arrêtent pas de me remercier et de m’encourager. La motivation est au maximum.
je vous donnerai des nouvelles dans 5 ou 6 jours.
Portez vous bien.
Amicalement,
le balayeur des cimes qui vous salue du camp de base de l’Aconcagua a 4300m.

No responses yet

nov 06 2007

Premier message d’Argentine

Published by Arian under Aconcagua 2007

Message du 9.12.2006: je suis bien arrivé hier soir à Mendoza (8 décembre), ville dans laquelle j’organise la logistique, j’achète le permis d’ascension et la nourriture qu’il me manque.
Le trajet en train, bus, avion, taxi et tout ce qui suit, s’est très bien passé. Vraiment aucun problème avec les bagages, des chariots où j’en avais besoin, et des gens pour m’aider de temps en temps… et le meilleur fut dans l’avion entre Sao Paulo (Brésil) et Santiago (Chili), où nous avons survole l’Aconcagua… c’était magnifique de voir cette montagne d’en haut, juste en dessous des ailes de l’avion… elle est superbe. ( bien évidemment j’ai pris des photos et réalisé des vidéos pour vous montrer tout ça a mon retour).
Je pars pour l’Aconcagua lundi matin.

No responses yet

« Prev - Next »